ctu-match | mercredi 4 juillet 2012
INFO Match. Un politologue américain au cœur de l’affaire Karachi
Paru dans Match
Le juge Van Ruymbeke a fait le lien entre les commissions et la campagne de Balladur.
Un grand pas. Pour la première fois, le juge Van Ruymbeke est en mesure de faire le lien entre les gigantesques commissions de l’affaire Karachi et le financement de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995. C’est au travers de Paul Manafort, un consultant politique américain, que l’affaire pourrait prendre un virage décisif.
Inconnu en France, Manafort est un conseiller réputé aux Etats-Unis. Républicain, ce « spin doctor » a participé aux campagnes de Reagan, Bush père ou McCain. Il a aussi conseillé des personnages sulfureux, comme le dictateur philippin Ferdinand Marcos ou Jonas Savimbi, le chef des rebelles en Angola. Son dernier fait d’armes : la victoire de Viktor Ianoukovitch lors de la dernière présidentielle en Ukraine.
Mais il semble que Paul Manafort, de manière très discrète, ait aussi monnayé ses services à Edouard Balladur lors de sa campagne de 1995. C’est l’ex-épouse de Ziad Takieddine, l’Anglaise Nicola Johnson, qui, en décembre 2011, a vendu la mèche aux enquêteurs. « Ziad m’avait dit que Paul Manafort donnait des conseils par rapport à la campagne de M. Balladur. » A la question « qui aurait embauché Paul Manafort ? », l’ancienne Mme Takieddine a répondu : « J’imagine El-Assir et Ziad. Je pense qu’ils l’ont payé. » Ziad Takkiedine et Abdul Rahman El-Assir sont les deux intermédiaires libanais par lesquels auraient transité les dizaines de millions d’euros de commissions illégales liées aux contrats d’armement signés par le gouvernement Balladur. Commissions dont une partie, selon les soupçons de la justice, aurait financé la campagne du même Balladur.
Paul Manafort a reçu 400 000 dollars d’un intermédiaire en armement. Il aurait conseillé la campagne de Balladur.
Après deux ans d’enquête, le juge Van Ruymbeke a identifié en Suisse plusieurs comptes bancaires ayant servi à « réceptionner » ces commissions. Au moins deux de ces comptes appartiennent à Abdul Rahman El-Assir. Or, leur examen a permis aux enquêteurs d’y trouver la trace de nombreux paiements en faveur de Paul Manafort, confirmant les déclarations de l’ex-femme de Takieddine. Ainsi, le 22 septembre 1994, El-Assir verse 35000 dollars à BMSK (Black, Manafort, Stone and Kelly), la société du consultant américain. Le 7 novembre 1994, il vire 43016 dollars sur le compte de l’épouse de Manafort. Le 16 novembre 1994, nouveau versement de 17 000 dollars à BMSK. Le 22 mai 1995, El-Assir règle 52 000 dollars au Tarrance Group, une société proche de Manafort. Le 2 août 1995, ce sont 125 017 dollars qui alimentent BMSK. Enfin, le 15 août 1995, El-Assir paie 125 016 dollars à Paul Manafort.
Au total, entre septembre 1994 et août 1995, le consultant et ses proches ont donc empoché près de 400 000 dollars provenant des fameux comptes où El-Assir a encaissé les commissions de l’affaire Karachi. Un lien est enfin établi entre ces commissions et la campagne Balladur. Il n’a pas échappé aux policiers de la DNIF (Division nationale d’investigations financières) que la période des paiements à Manafort correspond à la campagne présidentielle française de 1995. Dans un rapport, ils relèvent : « Concernant les paiements faits par El-Assir à Paul Manafort, et en fonction des dires de Mme Takieddine, on peut légitimement créditer la thèse de cette dernière puisque nous avons trouvé de nombreux paiements à M. Paul Manafort. Vu l’activité professionnelle de M. El-Assir, on peut s’étonner qu’il effectue des paiements à un spécialiste en conseil politique tel que M. Manafort, d’autant plus qu’en 1995, aucune élection présidentielle américaine n’a eu lieu. » Contacté par Match, l’entourage d’Edouard Balladur nous affirme qu’il n’a « jamais eu affaire à Paul Manafort ».
Paul J. Manafort
| Paul J. Manafort | |
|---|---|
| Born | April 1, 1949 New Britain, Connecticut, U.S. |
| Occupation | Lobbyist, consultant |
Paul J. Manafort is an American lobbyist and political consultant. A former adviser to the presidential campaigns of George W. Bush, Bob Dole, George H.W. Bush, Ronald Reagan, and Gerald Ford, he is a senior partner in the firm Davis, Manafort and Freedman.
Contents |
Career synopsis
Manafort was born in New Britain, Connecticut on April 1, 1949.[1] He graduated from Georgetown University (B.S., B.A., 1971) and Georgetown University Law School (J.D., 1974).
In 1977–1980 he was an attorney with the firm of Vorys, Sater, Seymour and Pease in Washington, D.C.
In 1976 he served as a delegate-hunt coordinator for eight States for the President Ford Committee. In 1978–1980 Manafort was southern coordinator for Ronald Reagan's presidential campaign, and deputy political director, Republican National Committee. After Reagan's election he was appointed Associate Director of the Presidential Personnel Office at the White House, ad in 1981 he was nominated to the Board of Directors of the Overseas Private Investment Corporation.
He was a director of Center for the Study of Democratic Institutions (1985).
He joined the presidential campaign of John McCain as an advisor in 2008.
Lobbying career
Manafort was founding partner of Washington, DC-based lobbying powerhouse Black, Manafort, Stone and Kelly. In 1996 he left BMSK to join Richard H. Davis in forming Davis, Manafort.
He also worked in Ukraine on the presidential campaign of Viktor Yanukovych[2] even as the U.S. government (and McCain) opposed him because of his ties to Russia's Vladimir Putin.[3] He was sacked in 2005 after Yanukovych's electoral defeat which was marred by massive corruption, voter intimidation and direct electoral fraud. The party fell to third place in party rankings following the 2004 election after results were overturned through the Orange Revolution.[4] According to a 2008 U.S. Justice Department annual report, Manafort’s company received $63,750 from Yanukovych's Party of Regions over a six-month period ending on March 31, 2008, for consulting services.[5]
HUD influence peddling scandal
Manafort would come under fire[6] for using his connections at HUD to ensure funding for an unwanted $43 million rehabilitation of dilapidated housing in Seabrook, N.J. As a partner in the development firm involved on the project, but he also received $326,000 in fees for his trouble.
References
- ^ Nomination of Paul J. Manafort, Jr., To Be a Member of the Board of Directors of the Overseas Private Investment Corporation, May 13, 1981 in John T. Woolley and Gerhard Peters, The American Presidency Project [online]. Santa Barbara, CA: University of California (hosted), Gerhard Peters (database)
- ^ Clifford J. Levy, Ukrainian Prime Minister Reinvents Himself, New York Times September 30, 2007
- ^ Top McCain Adviser Has Found Success Mixing Money, Politics Washington Post, June 26, 2006
- ^ Yanukovych sacked his American spin doctor September 25, 2007
- ^ Paid advisers descend on candidates, nation, Kyiv Post (November 19, 2009)
- ^ Michael Riley Where Were the Media on HUD?, Time Magazine July 24, 1989

